« J’emploie les mots que tu m’as appris.
S’ils ne veulent plus rien dire apprends
m’en d’autres.
Ou laisse-moi me taire.»
Samuel
Beckett
Les
méthodes de la communication politique sont toujours les mêmes. Pour engager la
bataille contre le service public d’enseignement supérieur, Valérie Pécresse
portait l’étendard de « l’autonomie
des universités ». Najat Vallaud Belkacem reprend le combat et cette
fois le slogan sera la « démocratisation
de l’université ».
Les
déclarations de la ministre de l’éducation et de son secrétaire d’État à
l’enseignement supérieur sur les masters sont claires : qu’importe la loi, « le master est un bloc », il n’y aura pas de
sélection en master 2. Tout étudiant qui obtient le bac peut
s’inscrire en licence pour un nombre illimité d’années. Ensuite, tout titulaire
de la licence peut s’inscrire en master
1 et pourra poursuivre ses études en master 2 sans limite de temps. Nous
avions, à l’Université Paul Valéry, un étudiant un peu particulier, né comme moi
en 1963, qui était toujours en master 1 à 52 ans ce qui causait quelques
soucis. Faudra-t-il envisager d’avoir des étudiants « redoublant à
vie » ? La politique de la démagogie et de l’hypocrisie que
j’évoquais dans ma précédente chronique a gagné.
Démagogie ?
Je sais que les politiques ont parfois la mémoire courte, mais, en novembre
2013, Mme Fioraso mentait sans vergogne devant l’Assemblée Nationale et
proposait de réduire le nombre de masters dans mon université pour régler les
problèmes financiers ; quel revirement !

