mercredi 16 juillet 2014

Clientélisme, incompétence et dérive autoritaire : l’inquiétant parcours de la loi Fioraso

Avec la loi Fioraso le ministère de l’éducation est pris dans une fuite en avant dangereuse, pas seulement pour l’enseignement supérieur et la recherche mais, au-delà, pour la Démocratie.

Mal née, la loi Fioraso a aussi été mal rédigée. Au final elle ne satisfait ni le monde académique, ni ceux qui l’ont voulue et imposée. Les derniers textes publiés par le ministère comme le document paradoxalement intitulé « contrôle de légalité : grille de lecture des statuts d’une université (ou d’un institut national polytechnique) » diffusé par la DGESIP le 12 juin dernier ou le Décret n°2014-780 du 7 juillet 2014 « relatif à la composition de la formation restreinte du conseil académique » illustrent la tentation du gouvernement de passer en force jusqu’à aller outre et contre la Loi, au mépris des principes qui fondent l’État de Droit.

Le clientélisme qui a présidé à la conception de la loi et l’incompétence qui s’est exprimée dans sa rédaction et son approbation par le Parlement conduisent aujourd’hui le ministère de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche dans une dérive autoritaire préoccupante.

Clientélisme

Alors que le président de la République avait fait campagne sur le thème de la « République exemplaire », dès sa conception, la loi Fioraso était marquée par le clientélisme. Un petit groupe d’enseignants et de chercheurs, d’hommes politiques, de lobbies scientifiques et industriels avait décidé de s’approprier les moyens publics de l’enseignement supérieur et de la recherche. Au cœur du système, le lobby du nucléaire et le Commissariat à l’Energie Atomique dont Mme Fioraso et son mentor, Michel Destot maire déchu de Grenoble, étaient très proches. Le « modèle grenoblois » fait d’une imbrication des intérêts entre milieu politique, économique et scientifique allait s’imposer au bénéfice des grands industriels français du nucléaire, des transports, des communications et de la santé.

mardi 15 juillet 2014

Commentaires sur Educpro : « modération » ou « censure» ?

Mise à jour 12h
Après m'être inquiété sur twitter ce matin de la disparition des commentaires sur Educpros, j'ai reçu la réponse suivante:

Merci pour la réactivité d'Educpros et l'explication : la disparition des commentaires était liée à un problème technique.
Mes critiques sur l'attribution complaisante des postes par le MESR reste entière.


dimanche 13 juillet 2014

Sélection en master : Benoît Hamon remporte le grand prix de la langue de bois

Alors que prend fin la Coupe du Monde, C’est une confrontation d’un niveau particulièrement élevé qui s’est déroulée à l’Assemblée Nationale le 10 juin dernier sur la question de la sélection en master. D’abord passée inaperçue, elle a finalement mis le ministre en difficulté et ouvre des perspectives inquiétantes pour les étudiants.

Geneviève Fioraso, déjà interrogée sur le sujet le 3 juin, avait été éliminée en demi-finale face à un adversaire courageux mais qui manquait manifestement de préparation sur le 3-5-8, le LMD. C’est fort logiquement que l’on retrouvait en finale Patrick Hetzel, député UMP et ancien DGESIP de Valérie Pécresse et Benoît Hamon, actuel ministre de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Entre le premier qui n’a rien fait sur le sujet pendant les 4 années durant lesquelles il dirigeait l’enseignement supérieur et le second qui n’a pas l’intention d’en faire plus le temps que durera son ministère, le match s’annonçait serré; il tint toutes ses promesses. La question de Patrick Hetzel était perfide, la réponse du ministre d’une vacuité sidérale.

jeudi 19 juin 2014

Effondrement historique des recrutements d’enseignants-chercheurs : près de 500 postes en moins en 2013

source : DGRH - Ministère de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la recherche

Benoît Hamon et Geneviève Fioraso peuvent continuer à prétendre que tout va bien et que l’État crée des postes dans les universités, les données de leur ministère ne peuvent plus cacher la réalité des suppressions massives de postes d’enseignants-chercheurs.

Selon le bilan de la campagne de recrutement publié par la DGRH du ministère de l’enseignement supérieur, en 2013, il y a eu 448 postes de moins qu’en 2012 ouverts au recrutement. Sur la seule «campagne synchronisée », c’est-à-dire la procédure normale de recrutement des professeurs et maîtres de conférences, la baisse est encore plus importante : -490 postes en un an. Le graphique ci-dessus illustre cet effondrement des recrutements alors que, faut-il le rappeler, les effectifs étudiants ne cessent d'augmenter.

samedi 14 juin 2014

Assez!

Terra Nova, le think-tank social-libéral proche du parti socialiste vient de sortir une nouvelle note sur l’enseignement supérieur, note servilement relayée, comme à l’habitude, par Mme Brafmann sur son blog du journal Le Monde. Mme Brafmann qui participait encore au mois d’octobre dernier à une conférence avec Yves Lichtenberger, l’un des auteurs de la note de Terra Nova.

On retrouve dans ce texte tous les poncifs de Terra Nova, le prêt-à-penser pseudo scientifique mâtiné de  technocratisme, les formules toutes faites, le nombrilisme et l’entre-soi d’un petit groupe de copains qui signent leurs articles scientifiques ensemble et décident ensemble que ce qui est bon pour eux est nécessairement bon pour les autres, et surtout son passéisme.

mercredi 11 juin 2014

Nouveau décret financier : fin de partie pour «l’autonomie»

Les ministres et les gouvernements passent, les mauvaises habitudes restent. Après avoir fait voter la LRU un 10 août  et la LRU2 un 22 juillet, c’est un dimanche 8 juin, veille de pentecôte, que le gouvernement de Manuel Valls sort le nouveau décret financier sur les universités, COMUE et autres établissements publics d’enseignement supérieur et de recherche. Gageons que le décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs ou les textes transformant le système SYMPA pour, éventuellement, y intégrer la masse salariale passeront pendant l’été !

Au passage, le texte souligne le déclassement de l’enseignement supérieur et de Mme Fioraso, qui arrive logiquement en avant-dernière place des signataires, après le premier ministre et pas moins de 10 ministres ! Benoît Hamon est bien le patron de l’enseignement supérieur et de la recherche et c’est donc lui qui doit maintenant en assumer la responsabilité politique.

Quel est l’objectif de ce texte ? En réalité, et c’est une autre mauvaise habitude, le nouveau décret poursuit plusieurs objectifs. Comme Albert aurait pu me le dire, quand on court deux lièvres à la fois on les rate tous les deux. Et là il y en a au moins trois.

samedi 31 mai 2014

Mensonge d’État : à propos des créations de postes dans l'enseignement supérieur



J'ai vu, dit-il, un chou plus grand qu'une maison.
Et moi, dit l'autre, un pot aussi grand qu'une église.
Le premier se moquant, l'autre reprit : Tout doux ;
On le fit pour cuire vos choux.
...
Quand l'absurde est outré, l'on lui fait trop d'honneur
De vouloir par raison combattre son erreur ;
Enchérir est plus court, sans s'échauffer la bile.

Jean de La Fontaine, Le dépositaire infidèle



On critique ! On critique ! Mais, en réalité, nos collègues du ministère ont conservé un esprit enfantin, plein d’enthousiasme, d’optimisme et de naïveté. Dans l’adversité on sent chez eux le souffle de Baden Powell, les leçons de Bison égocentrique, de Langue agile et d’Hamster érudit ! Les voici toujours rêveurs, prêts à de nouvelles facéties!