dimanche 7 mai 2017

Si j’étais ministre de l’ESR : candidature spontanée


Monsieur le président de la République française, camarade, cher Manu,


Tu permets que je t’appelle camarade et que je te tutoie ? Aucune familiarité, c’est juste une tradition chez les gens de gauche, comme le « cher ami » et le voussoiement chez les gens de droite.

Alors Manu, je voulais d’abord te féliciter pour ton élection. En plus comme j’ai été obligé de voter pour toi au second tour, c’est un peu ma victoire à moi aussi. J’ai été soulagé que tu gagnes camarade. Soulagé, mais pas réjoui. Je peux te le dire maintenant, il est pas fantastique ton programme. Sur l’enseignement supérieur et la recherche, une partie de ton "deuxième chantier", c’est même un cauchemar. Toi qui veux réformer la France et la moderniser, ils t’ont refourgué une réforme d’occasion qui a déjà servi à 3 ou 4 présidents et une dizaine de ministres. Ils ont passé un coup de polish sur la carrosserie, mais le moteur est mort. Je ne te donne pas 6 mois avant qu’elle rende l’âme. 

C’est un peu de ta faute aussi. À force de qualifier de « conseillers » des septuagénaires et des nonagénaires désoeuvrés qui étaient déjà responsables de l’Éducation avant ta naissance, ça devait arriver qu’ils ressortent leurs vieux albums photos des tiroirs. C’est tout à ton honneur de te préoccuper des personnes âgées camarade, mais là tu ne vas pas animer le foyer des Anciens, tu vas diriger la France et, pour ce qui nous concerne, l’éducation de la jeunesse. Et puis pense un peu à toi Manu. Tu n’as pas 40 ans. Imagine si tu rates ton mandat comme Hollande à cause d’eux, comment tu vas faire ? Tu ne pourras pas passer le reste de ton existence à faire des ronds dans l’eau sur un bateau en solitaire au Point Nemo ? J’ai d’autres ambitions pour toi.

Alors moi, ton condisciple (de l’université Paris X-Nanterre que j’aime tant, pas de l’ENA), j’ai décidé de t’aider et de te proposer ma candidature comme ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. Oui, les deux doivent rester ensemble, j’y tiens. Ne rigole pas, je suis sérieux camarade ! Je t’entends. Tu te demandes à quel titre moi, petit MCF d’une université LLASHS de province, spécialiste du droit de la Drogue, je serais qualifié pour le job. Et bien justement. Déjà, à la différence des personnes dont le nom circule ces derniers jours, j’enseigne, je fais de la recherche, et avec Anne Fraisse et toute son équipe, j’ai géré une université malgré les réformes de ton foyer des Anciens. Pas si mal que ça a priori puisque nous avons fini notre second mandat sans sortir à coup de fourches et que la plupart des collègues me disent encore bonjour quand ils me croisent sur le campus.

Non seulement je suis prêt à devenir ton ministre, mais je vais te proposer un programme camarade ! Laisse tomber celui du griot des oxymores politico-économiques. J’en ai déjà parlé sur mon blog. L’État-Stratège c’est bidon (je peux t’en sortir 10 pareils) et sa réforme n’est pas financée ou alors il faut créer de la dette et recourir à l’emprunt pour les étudiants comme pour les universités. Aghion c’est un économiste, Manu, et en plus il n’a jamais géré la moindre institution. Il n’a aucune idée de ce que cela implique. Son histoire d’universités d’excellence, de classement de Shanghai, d’indicateurs de l’OCDE, d’IDEX, LABEX, EQUIPEX, instituts Carnot et j’en passe, on a vu le résultat : ça tourne à l’école des fans ou ça se finit sur un crash à 5,2 milliards d’euros comme à Saclay. Si tu ne me crois pas, appelle ton copain Barack, il va te raconter comment ils se sont fait piéger aux Etats-Unis avec cette réforme, comment Michelle et lui ont été obligés de trouver un job à la Maison Blanche pour finir de payer leur prêt étudiant. Lui, il voulait instaurer la gratuité à l’université ! Quand je pense que dans certains pays comme la Thaïlande, l’État dépense des sommes folles pour développer le maillage territorial de son enseignement supérieur, nous on l’a et tes potes voudraient le flinguer pour ne sauver que 5 ou 6 universités soit disant « d’excellence ». Si tu continues à écouter Aghion tu vas te retrouver avec les ¾ des universités françaises à reconstruire et les 5 ou 6 qui tiendront encore debout auront perdu de leur superbe.  Saclay c’est déjà beaucoup, tu veux vraiment t’en mettre 5 de plus sur les bras ?

C’est ton grand défaut ça Manu, t’écoutes tes potes mais tu bosses pas assez. Tes copains de bridge de la CPU. Invite-les autant que tu veux à l’Élysée, ils adorent ça. Mais ne fais pas ce qu’ils te disent. Ça fait 6 mois qu’ils te racontent n’importe quoi, qu’il faut renforcer le rôle des Régions, qu’il faut modifier le statut des enseignants-chercheurs, qu’il faut revenir sur le caractère national des formations. Mais ne les autorise pas à  définir les diplômes au niveau de chaque université ! Le caractère national des diplômes, le visa pour les Grandes Écoles, cette certification par l’État c’est un atout majeur du SUP français à l’international. Et c’est important l’international Manu. Pour le statut des enseignants-chercheurs, ils te mentent. C’est faux de dire qu’il ne permet pas de prendre en compte les nouvelles formes de pédagogie comme les MOOCs ou les SPOOCs. Il suffit de lire l’article 7, III du décret de 84, c’est déjà prévu. Moi ministre, avant de faire la moindre réforme on va lire le code de l’éducation plutôt que d’écouter tes potes de bridge. On va regarder ce que la loi a déjà prévu, on va alléger et on ne s’occupe que des questions qui suscitent vraiment des difficultés.

Comme je vais gérer un budget conséquent, je vais optimiser. Moi ministre, j’arrête ces histoires de New Public Management  qui coûtent un bras et ne rapportent rien. Je te prends l’exemple de l’ANR. Tu comptes une dizaine de chercheurs mobilisés pendant 1 mois pour monter un projet. Le taux de succès est de 10 à 15% donc pour 100 projets déposés tu as financé l’équivalent de 70 à 75 postes de chercheurs pendant 1 an pour rien. A cela il faut rajouter les consultants et autres auditeurs, les coûts du labo, de l’université ou de l’organisme, et enfin les coûts de l’ANR avec ses permanents, ses boards, ses comités, ses commissions. Et l’ANR c’est de la roupie de sansonnet ! Si je te fais le calcul sur le Commissariat Général aux Investissements tu vas défaillir. Puisque tu n’es ni de droite, ni de gauche, tu peux te passer de ces colifichets libéraux : l’argent que tu donnes à mon ministère pour la recherche je le rends aux labos et aux chercheurs sous forme de crédits récurrents et ils cherchent. Je fais pareil pour les universités avec le CGI et ses investissements d’avenir qui ressemblent à Plus Belle La Vie avec leurs saisons qui n’en finissent jamais « IDEX saison 3, épisode 4 »… comme ça en plus Louis Schweitzer qui aura 75 ans début juillet pourra enfin prendre une retraite que nous avons bien méritée.

Pendant que j’y suis je te propose aussi de supprimer la certification des comptes dans les universités et les organismes. Comme le disait un sage dont j’ai oublié le nom, la plupart des entreprises qui font faillite ont un commissaire au compte. William Saurin, avait un super commissaire aux comptes… et un trou de 300 millions dans ses comptes à Noël. Dans le secteur public c’est encore plus ridicule puisque le risque principal c’est la dotation de l’État sur laquelle les commissaires aux comptes n’interviennent pas. Tu vois, comme cost-killer j’ai une certaine expérience. D’ailleurs je t’aurais bien suggéré de supprimer aussi la Cour des comptes, mais je ne voudrais pas sortir du périmètre de mon ministère.

Camarade, moi ministre on va faire de la politique de l’ESR. La politique Manu, c’est trois choses : un projet, une méthode, un discours.

Pour le projet, ma première ambition sera d’être cohérent. La cohérence dans le SUP et la recherche c’est super innovant ; disruptif même ! Aucun ministre ne l’a fait avant moi. En plus la cohérence ça facilite les choses. Tu l’as certainement appris  à l’ENA. Une fois que tu as défini ton « Objective », les « constraints », après c’est simple, « inputs », « outputs » et on déroule. Par exemple si ton objectif c’est de donner plus de moyens à la recherche parce que c’est un enjeu stratégique pour le pays et bien tu supprimes le crédit impôt recherche puisqu’il ne sert pas à faire de la recherche et tu finances la recherche avec les impôts que tu récupères. À l’ENA je crois qu’ils appellent ça l’évaluation des politiques publiques. On va s’y mettre sérieusement.

Moi ministre on va donc être cohérents et commencer par le commencement : à quoi servent l’enseignement supérieur et la recherche, quelles sont leurs missions. La professionnalisation ? L’industrie, les nouvelles technologies ? D’accord. Seulement ? Si c’est le cas il faut que tu mobilises les chambres de commerce, le MEDEF les partenaires sociaux comme le font les Écoles de commerce. C’est la bonne méthode. Mais si tu as lu les enquêtes réalisées auprès des étudiants tu as peut-être vu qu’il y a une autre valeur qui domine : l’épanouissement intellectuel. Là, sans lui faire injure, le MEDEF ne sert pas à grand-chose.

Être clair sur les objectifs permet de ne pas se tromper dans ses décisions. C’est pour cette raison que je vais réussir là où mes prédécesseurs ont échoué. Prends l’exemple de la première année à l’université. Si ton objectif est clair tu ne proposes pas en même temps de sélectionner à l’entrée en L1 sur des prérequis et de modifier les L1 pour en faire une année de propédeutique post-bac parce que dans ce cas les pré-requis ce seront les mêmes pour toutes les L1 et tu resteras avec ton problème sur les bras. Et puis tu t’assures que l’enseignement secondaire prépare à ces prérequis et en DEG ou SHS ce n’est pas gagné. Pareil, si tu veux avoir 60% d’une classe d’âge diplômée du supérieur, je te dis tout de suite qu’il ne faut pas réduire les postes d’enseignants-chercheurs ou les budgets des universités, ni réduire le nombre de masters comme cela a été fait. Cohérent quoi.

Moi ministre, je t’aiderai à affiner tes objectifs. L’augmentation des effectifs en première année de licence à l’université, par exemple, c’est une question de stock. Un surplus dans un stock tu peux le résoudre de deux façons : par les entrées ou par les sorties. Si tu veux moins d’étudiants tu sélectionnes. Mais pour que ce soit rentable il faut que tu sélectionnes les bons, pas que tu tires au sort ceux qui vont entrer. Et qui peut savoir si les étudiants ont une chance de réussir ou pas ? Ben les universitaires, mais pas seulement. Les étudiants aussi peuvent avoir un avis. Ils peuvent avoir un projet, des compétences qui ne demandent qu’à se révéler. C’est ça qui est merveilleux avec la jeunesse, ce potentiel, cette ambition qui va leur permettre de se dépasser et de réussir. C’est ça qu’ils recherchent à SciencesPo, pas seulement le fort en thème et ils ont raison ! Donc tu confies la sélection aux enseignants-chercheurs, mais tu donnes la possibilité aux étudiants de discuter cette décision. Discuter, pas faire un procès, parce qu’après ça tend les relations. Il faut donc une instance de dialogue et d’échange. A la fin tu n’as plus de souci avec les effectifs, tu as de bons étudiants motivés… mais tu en as beaucoup qui peuvent être bons et ne pas avoir trouvé de place.

Alors pour régler ton problème de stock, moi ministre je vais te montrer que tu peux faire autrement. Tu peux recruter des enseignants-chercheurs, des personnels administratifs pour les épauler, construire des locaux pour installer les étudiants. Tu peux aussi prendre le problème par l’autre bout. Tu admets tous les étudiants en première année, mais tu limites les redoublements. C’est la solution que je te préconiserai, la plus juste, la plus efficace aussi, celle qui maximise le potentiel de formation. Tu peux pousser plus loin encore la réflexion. Par exemple ton concurrent qui a fait 6%, Benoit Hamon, il avait une bonne idée : le revenu universel en commençant par les jeunes. Il avait compris un truc Benoît Hamon c’est que chômeur ce n’est pas un statut social pour un jeune. 1/3 des étudiants de première année est défaillant ou quasi-défaillant aux examens parce que l’université c’est juste l’institution qui leur permet d’avoir un statut, d’exister dans la société. Alors tu peux travailler sur cette question et réfléchir au statut du jeune dans notre société et tu vas régler naturellement ton problème de stock.

Pour la méthode, moi ministre, je peux t’organiser un débat. Pas des Assises ou un livre blanc dont j’aurais écrit les conclusions par avance et qui serait présenté par un copain ou une copine, non ; un vrai débat Manu. C’est pas comme ceux que tu fais à la télé. C’est pas non plus comme un meeting où t’es le seul à parler avec un ou deux potes pour chauffer la salle. Non, c’est plutôt un genre de makerspace, mais cheap. Pas besoin de coussins multicolores, on peut même s’installer sur une pelouse. Si on veut pousser le truc camarade on peut se mettre en mode Fablab hein ! On ouvre un espace sur internet, on achète une imprimante 3D, un drone et une GoPro (y’a toujours une imprimante 3D et un drone avec une GoPro dans un Fablab), des crayons, du papier, des ordis, les types peuvent interagir, on coproduit et on fait la loi ensemble ; très créatif.

En plus c’est efficace et ça évite bien des écueils cette méthode. La grosse excuse que te sortent les inspecteurs des finances de Bercy ou les think-tanks comme Terra Nova et l’Institut Montaigne à chaque fois qu’ils se plantent sur une réforme (ce qui est la norme) : « c’est parce que les acteurs ne se sont pas appropriés tout le potentiel de la réforme ». Ben voyons, quand tu fais ton truc dans ton coin en consultant seulement tes copains c’est un peu logique… Moi ministre, tu n’auras plus ce problème, tes réformes on pourra les défendre.

La politique c’est aussi le discours, alors camarade, moi ministre, je te propose d’arrêter avec la novlangue. Comme je suis aussi disruptif que toi, je te propose de reprendre le vieux principe « dire ce que  l’on fait, faire ce que l’on dit ». On va cesser de parler d’autonomie des universités quand on renforce contrôles et contraintes (tu sais, l’autorisation préalable du recteur sur le budget alors qu’avant c’était un contrôle a posteriori). On va arrêter de prétendre que l’on créé des postes à l’université quand on ne les finance pas et on ne dira pas « gel du poste » mais « suppression de poste ». Assumer ses décisions c’est parfois difficile mais c’est indispensable pour que la parole politique retrouve un certain crédit et que les gens puissent croire en toi, en nous.

J’ai plein d’idées comme ça Manu et je suis prêt à t’en faire profiter. Passe me voir à l’université, mon bureau est au bâtiment G, ou envoie-moi un MP sur Twitter, Wechat ou Facebook. Sinon, comme il est nul ton projet pour l’ESR, on va tout faire aux législatives pour t’obliger à en changer. Il faut que tu nous comprennes camarade, maintenant que nous avons sauvé la République, il faut tout de même que l’on essaie de sauver l’ESR. Et si ça ne suffit pas, toi qui viens de Nanterre tu sais ce qu’on fera. On cherchera la plage ; sous les pavés. Je te laisse j’ai une cinquantaine de dossiers d’étudiants à lire.

Fraternité et Amitié camarade.
yann

4 commentaires:

  1. Formidable, ça donne envie. Et ce serait une vraie réforme simple à mettre en œuvre (pour les établissements), pour une fois.

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  2. Très pertinent! Indispensable à lire et à faire lire!

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  3. Cher Yann,
    plusieurs points de cette note m'ont fait réagir (et d'autres pas :-) mais c'est l'altérité qui est intéressante non ?) Revue de détail en 3 citations :

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    "Le caractère national des diplômes, le visa pour les Grandes Écoles, cette certification par l’État c’est un atout majeur du SUP français à l’international."

    Assertion sans justificatif. Mais partons du postulat que c'est vrai. Est-ce à dire que tous les enseignements sont normalisés ? Identiques ? Quid de la formation des enseignants du supérieur ? De la qualité des conditions d'études ? Comment mesure-t-on (en tant qu'usager, de parent d'usager...) la réalité de cette promesse sans évaluation ?
    Mon avis : on érige ce principe en évidence et on oublie de réfléchir sur ses implications. Cela devient un dogme théorique dont on ne mesure plus la réalité et la densité. Pour redonner de la force à cette idée, il faudrait que ses partisans acceptent de l'interroger. ;-)

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    "l’argent que tu donnes à mon ministère pour la recherche je le rends aux labos et aux chercheurs sous forme de crédits récurrents et ils cherchent. Je fais pareil pour les universités "

    Les crédits récurrents c'est la fin de l'expression d'un projet politique, d'une vision et d'une autonomie des établissements. A l'inverse, le tout "appel à projets" c'est du lean-management qui ne produit que des cycles courts, fatiguants, démotivants et contre-productifs.
    Mon avis : les crédits récurrents c'est le syndrome des bureaux vides. On est nombreux à réclamer son propre bureau pour le symbole que cela produit, plus que pour le temps d'occupation réel que cela va engendrer. Résultat : alors que la recherche en SHS souffre souvent d'une image dégradée et de crédits insuffisants, les MSH sont souvent pleines de bureaux vides. En réalité, crédits récurrents à 100% ou full-appels à projets , ce n'est qu'une question de pouvoir. L'un et l'autre le distribue mais pas nécessairement aux mêmes.

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    "Par exemple si ton objectif c’est de donner plus de moyens à la recherche parce que c’est un enjeu stratégique pour le pays et bien tu supprimes le crédit impôt recherche..."

    "Donner plus de moyens à la recherche" ne peut pas être un "enjeu stratégique". C'est au mieux un moyen de parvenir à atteindre un objectif. Un peu comme "recruter des enseignants-chercheurs, des personnels administratifs pour les épauler, construire des locaux pour installer les étudiants" sont des moyens. Des moyens auxquels il faut réfléchir avec souplesse et parcimonie parce que le temps longs d'une carrière d'enseignant, d'entretien de batiments de milliers de mètre carré est parfois incompatible aves des objectifs de plus court terme comme faire face à un afflux démographiques d'étudiants ou assister à la montée en puissance des cours en ligne (censés alléger la présence en amphi). Reste donc à définir ce ou ces objectifs. Et à assumer que ces sujets complexes ne peuvent finalement pas trouver des réponses simples. Malheureusement.
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